vendredi 18 janvier 2019

MADLOONFLAYED EST MORT


Il y a une personne qui me suit dans mes délires textuels qui vient de me demander pourquoi je ne publiais plus rien sur mon blog et sur facebook, plus assez de colère, plus de textes engagés, plus de larmes, plus de mots répugnants, plus d’histoires drôles…
La réponse est très simple en fait, je n’ai plus le droit d’écrire, plus le droit de parler, juste le droit de penser et encore.
La dernière censure date d’à peine quelques jours sur facebook, un réseau social…mon cul ouai.
Je n’ai plus le droit d’écrire femme, homme, enfant, viande, animal, vie, mort, lune, con, snifff, bloup, crotte de nez, coool, non, oui, non, oui, non, oui…. En fait je ne peux plus écrire du tout, des tonnes d’associations de mes couilles (je ne devrais pas écrire ce mot bordel) se chargent d’espionner la moindre particule d’alphabet coordonné pour en faire un scandale avec un procès à la clé.
Je pense à cet instant à un photographe qui ne me connait pas personnellement mais dont j’adore son esprit libéré, je ne citerai pas son nom mais tous mes contacts le connaissent, une photo, un délire, une impression comme un tableau et bimmmm une armée de connards s’acharne dans des propos complétement insensés à notre époque.
Alors j’ai décidé d’inonder ce fameux réseau social de trucs insignifiants, comme mes dernières réalisations ferboisrécup, de partages de quelques bordels par-ci par-là, de quelques photos de ma gueule de merde, de quelques mots complétement neutres, de mes sorties nocturnes comme hier soir, bref que de la merde qu’inonde ce réseau social, mais plus rien qui jaillit de mon esprit torturé, plus rien en rapport avec mes mots, mes phrases engagées, plus rien qui ne ressemble à de la vie !
Je contemple ce monde privé de liberté où chaque mot est décortiqué, analysé et surtout, oh oui surtout, sorti de son contexte juste pour en faire une polémique.
Je pense que m’enterrer en creusant encore plus loin dans mon sous-sol me permettra de m’échapper et surtout de vivre libre, car les pages que je noircis chaque jour restent au fond du gouffre que j’ai creusé pour échapper à la liberté d’expression de ce pays, elles ne remonteront jamais à la surface, je suis allé trop loin dans mon délire et mes mots ne peuvent plus être lus en France. La liberté d’expression que vous avez créée a tué bon  nombre de mots de bon nombre d’individus. La dictature n’est pas seulement visible au niveau du gouvernement, mais surtout au niveau de tous ces gens qui se disent solidaires d’un monde meilleur.
J’aurai bien un mot pour les définir mais je ne peux pas l’écrire….
Madloonflayed®-2019 – MORT

dimanche 23 décembre 2018

CES ENFANTS D'HIER


Tu te rappelles, je ne dors que quelques heures par nuit et cela me permet de me rappeler tous mes rêves, je viens de réussir à m’immerger de nouveau dans celui de cette nuit et j’ai appris par ma fée que j’étais un peu agité, alors je me suis dit que le mieux était de le coucher sur un cahier au HB celui-là aussi.
CES ENFANTS D’HIER
J’arrive dans mon service, je suis cadre infirmier, le responsable du secteur 4, le plus fou, le plus cruel, le plus horrible secteur. Je marche dans ce couloir jusque la chambre de Monsieur DREYNSTEN (les noms viennent d’être inventés, dans mon rêve il n’y avait pas de noms), et c’est l’agitation, DREYNSTEN convulse et il faut agir vite, il faut nettoyer la trachéo, DREYNSTEN n’a plus de jambes, il ne reste que la moitié de la poitrine, son corps s’arrête au nombril, je demande à l’infirmier de descendre la peau du coup de DREYNSTEN, un peu comme une chaussette que l’on enlève, tout est à vif et je nettoie cette trachée, enlevant tout cette bouffe qui y est coincée. L’infirmier remonte la peau du cou, on referme la fermeture, DREYNSTEN sourit….pour le moment. Je dois prendre l’escalier pour aller au premier sous-sol sauf que l’escalier n’y va pas, alors je reviens vers l’ascenseur, un type est en colère car je dois descendre et lui monter, il finit par prendre les escaliers, j’arrive en bas et il faut que je trouve l’éco-sociale…mais je ne sais toujours pas pourquoi, mon rêve ne me le dit pas, et puis c’est qui l’éco-social, il sert à quoi. Toujours pas de réponse à 21h05. Mon bipper me rappelle au secteur 4, Mme LAUREN vient de chuter de son lit, elle ne va plus à la selle et cela devient compliqué, Mme LAUREN n’a plus de tête, son corps commence au nombril et finit aux pieds, pas de tête, pas de poitrine, juste une paire de jambes. Il faut dégager les voies, l’infirmier est encore avec moi, on lui soulève les jambes et lui ramène au-dessus du nombril, il faut que ça sorte quoiqu’il se passe. Je me retrouve dans ce couloir, toutes les chambres sont au rouge, tout le personnel soignant m’attend de partout, Monsieur GHYNOU ne supporte plus d’avoir le bras gauche à la place du droit, je ne sais pas qui a fait ça, mais cela ne m’arrange pas, j’ai beaucoup trop de travail pour gérer des erreurs comme celle-là. Il me faut voir l’éco-social mais bordel dites-moi pourquoi ! Je reprends l’ascenseur mais il monte cette fois-ci, secteur 7, Joeffrey me dit que Monsieur SAMUEL s’est enfuit, il est forcément dans le bâtiment mais où ? SAMUEL est sorti du secteur 4 il y a quelques jours, nous avons réussi à stabiliser le fait qu’il avait un pied à la place du nez, surtout la prouesse était de lui faire croire qu’il avait des jambes, car lui non plus n’avait plus de jambes. Une prouesse si l’on veut car depuis il court partout…mais sans jambes. Un ver de terre au milieu de l’hôpital. On le retrouvera c’est certain, comme à chaque fois. Tout le monde hurle au secteur 4, c’est horrible tous ces cris qui proviennent des chambres et je me réveille en sursaut, assis dans mon lit, ma fée pousse un soupir de désolation, je me lève et finis aux toilettes, debout une main contre le mur, complétement abasourdi, il est 2 ou 3 heures du matin, mon t-shirt est trempé, j’ai peur et je vois SAMUEL filer vers la porte du sous-sol… Je n’ai pas redormi.
Alors franchement j’avoue qu’au début quand j’ai compris que je pouvais me rappeler de mes rêves j’ai adoré, ce dimanche j’ai compris que cela devenait de plus en plus compliqué de vivre avec ça, car il y a une semaine j’ai enterré WILLIAM vivant dans un trou de 93 centimètres de diamètre sur 93 centimètres de profondeur et j’ai tassé la terre de mes pieds lui écrasant les doigts qui creusaient la terre jusque que plus rien ne bouge sous mes pieds. La pièce était humide et il n’y avait pas de fenêtres…je me suis réveillé à moitié étouffé… Il y a quelques jours je me suis réveillé en m’arrachant les cheveux, ma fée a été obligée d’hurler pour que je sorte de ce coma éveillé, j’étais en train de trainer derrière mon panzer SOLENE attachée par les mains et elle devait courir aussi vite que j’accélérais jusqu’à ce qu’elle tombe et soit trainée sur le bitume la peau en lambeaux les os à nus griffant le sol.
Le souci est que toutes ces images défilent toute la journée en accéléré, en continu et je dois aller travailler, ranger des cartons et dire bonjour à des gens, rester souriant alors que j’ai SAMUEL en fond d’écran derrière mes pupilles qui se traine sur le sol le corps en sang dans le couloir du secteur 4.
Je sais que je vais devenir complétement taré dans peu de temps, les images s’accélèrent, il me reste mon crayon HB qui vient encore de se casser, ma fée vient de comprendre que les plantes en comprimés ne me faisaient plus rien, que l’alcool ne me fait plus rien, du moins pas aussi longtemps que l’on voudrait, elle sait aussi que mes quelques heures de sommeil deviennent une torture, alors avant de s’endormir elle me regarde les larmes aux yeux et elle me demande de rester vivant encore quelques temps, le temps que ce soit le moment de partir, quand mon corps ne pourra plus supporter toute cette merde qui me terrorise, ma fée m’a dit ce matin qu’elle me donnerait l’autorisation de me détruire définitivement quand elle verra que je ne sortirais plus du tout de mes rêves…

vendredi 21 décembre 2018

CAMISOLE



« AHHHH Monsieur le facteur, dites voir vous n’avez pas un petit courrier pour moi des fois ? Bon sinon je n’arrive pas à composter mon billet de train là, je pense que la borne est foutue non ? Ah oui j’allais oublié, vous pourriez regarder les toilettes des garçons à l’école primaire, le deuxième en partant de la droite, je crois qu’il est bouché. Bon bah bonne journée Monsieur le facteur….ah non attendez, dites, il faut faire quelque chose là, cette voiture qui se gare tout le temps sur l’emplacement handicapé, moi j’ai vu le gros il n’est pas handicapé, enfin si des neurones, alors Monsieur le facteur va falloir penser à le verbaliser hein. Allez cette fois-ci je m’en vais. Ah non attendez encore, j’ai la roue gauche de ma voiture qui bloque, dès que vous avez deux minutes je peux vous l’emmener à la poste pour la réparer ? Merci Monsieur le facteur.
Doux Jésus, vas-y tue-moi tout de suite, j’en peux plus là. Ah merde ouai j’avais oublié, faut faire la demande à la poste…pffff.
Madlooflayed®-2018 – Plus proche de vous avec la poste.

lundi 10 décembre 2018

NE REGARDE PAS LE TITRE DU LIVRE, LIS LE.


On dévalait la pente comme des dingues, presque désarticulés, ne cherchant plus du tout à se retenir, chuter se relever et retomber et rouler, ma fée et moi avec mon chien collé à nos crampons usés. On crachait sur les clôtures comme des cons, masque à gaz rayonnant d’herbes multicolores, et on rigolait de nos propres conneries. Une fois en bas on recommence, à chaque fois, on pleure de douleur ou de fatigue mais ça fait presque trente ans que l’on fait les cons dans cette descente. Des fois on roule jusqu’en bas en deux minutes et on remonte encore plus vite. On trébuche dans mon chien qui n’est pas le dernier à faire des roulades. On stoppe net quelque fois, en plein milieu et on regarde le sourire aux lèvres, on se redresse et on prend le temps de regarder tout autour, un peu abasourdi par une chute juste avant, on finit par se regarder dans les yeux, écœurés de ce que l’on peut voir et on crie, t’es pas capable de sauter le premier, allez un deux trois top !!! Et on replonge dans la descente. On y prend beaucoup de plaisir, personne ne peut nous suivre, certains ont essayé et se sont pris des coups dans le menton dans la chute, ça fait trop mal du coup ils ont abandonné. Un jour notre minot nous a rejoint, il descend vachement plus vite que nous, en même temps on a quelques os de cassés et des hématomes de partout, nos descentes commencent à nous faire de plus en plus mal, mais on y prend toujours autant de plaisir. On compte jusque trois à chaque fois mais notre minot triche souvent et dévale avec mon chien avant le deux. Un jour on va se briser la nuque à faire les cons mais cela ne reste qu’une prière…..
Madloonflayed®-2018 - qui rêve d'une pente où rien ne peut s'accrocher !

vendredi 16 novembre 2018

J’AI ENLEVE UNE PLAQUE D’EGOUT ET COMME UN CON JE SUIS TOMBE DANS LE TROU

Bah voilà, vendredi seize novembre deux mille dix-huit c’est fait mon minot a quitté ma maison définitivement. Ne me demande pas dans quel état psy je me retrouve, je n’ai pas de mots appropriés, ne me demande pas si je pleure ou si je suis content, je ne le sais même pas. Je viens de passer plus de quatre-vingt-dix heures en sept jours dans son nouveau chez lui pour faire de cet endroit le plus bel endroit que je lui dois. Ouai car je lui dois au moins ça. Maintenant presque vingt et un ans que je veille sur lui, et d’un coup plus aucun contrôle. Ne me demande jamais ce que j’en pense, JAMAIS !!! Il est parti sans cérémonie, je ne voyais pas cela comme ça, je pensais qu’il y aurait le dernier repas en famille, je pensais qu’il y aurait les dernières paroles devant la télé, je pensais qu’il y aurait les dernières blagues, je pensais qu’il y aurait les derniers fous rires, mais non, il est parti sans dire au revoir, il est parti d’un coup entre deux cartons placés dans le cul du panzer. Mais je lui devais du temps, je lui devais de faire un restant de ma vie le dernier échange vivant. Car si je remonte toutes les années une par une, j’ai eu un fils formidable, pas de drogues, pas de folies, pas de prises de têtes ingérables, j’ai eu le fils que tout le monde rêve d’avoir. Ohh quelques coups de gueule et quelques tartes dans sa gueule mais j’ai le sentiment d’avoir réussi quelque chose de bien, j’ai le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien, j’ai le sentiment d’avoir donné vie à une belle vie, à une belle personne. Alors j’ai passé ces sept jours le kiki tout serré, j’ai pleuré tous les jours, mais j’ai fait ce que je devais faire et je ne regarderai plus en arrière. Pourtant je pense à toutes ces journées à taper le ballon dans notre jardin, je pense à ces soirées interminables quand il faisait du judo, je pense à ses premiers cours de guitare avec cette prof déjantée, je pense à ces prises de têtes pour faire les devoirs de maths, je pense aux gyrophares des pompiers quand il est tombé d’un mur de deux mètres de haut tout disloqué, je pense à sa voix et ses phrases sur le bord d’une plage de l’île d’Oléron, je pense à lui quand il coursait mon premier chien Lucky dans le couloir, je pense à ses longues discussions avec les gens quand il était assis dans le caddie dans un magasin alors qu’il n’avait que deux ans, je pense à lui tout le temps depuis plus de vingt ans. J’ai quitté son appart avec mes godasses et mon jean troué sous le bras de la peinture plein les mains, j’ai fermé la porte et je suis parti courbé jusqu’au panzer rempli de cartons vides. J’ai mis plus de dix minutes avant de démarrer les mains posées sur le volant les larmes le long des joues. Voilà c’est fini, il ne regardera plus les séries télé avec nous, il n’essuiera plus la vaisselle, il ne laissera plus trainer ses fringues dans sa piaule, il ne nous fera plus la bise le matin ni le soir, il n’est plus là, il est chez lui, il va enfin vivre sans nous, il est enfin libre…ou presque… Allez mon fils porte toi bien, fais de ta vie un festival, ne laisse pas les autres te détruire, sois fort et surtout ne nous oublie pas !!!

samedi 3 novembre 2018

PSYCHO….SET ET MATCH II



Dis-moi, tu l’as lu ? Tu l’as entendu ? Une prof menacée d’un flingue en plein cours, un prof poignardé sur le parking du lycée par le frère d’un lycéen, un autre prof qui se suicide dans la salle des profs à midi, les sociétés qui comptent leurs suicidaires comme les paris au tiercé, ce pauvre con de chasseur qui flingue à vue tout ce qui bouge, l’autre qui étrangle sa femme et ses deux fillettes parce qu’il n’a plus de boulot, les autres qui enferment leur dirigeant et qui le viole dans le bureau de l’entreprise qui va fermer et ce barbu afghan qui poignarde des innocents à la gare de Conflans … Je ne suis pas dingue, tu as tout entendu n’est-ce pas.
Et tu n’as pas peur toi ? Pourtant tu devrais, car si je fais un rapide calcul, la proportion d’enculés qui en veulent à ta peau et ta présence dans les lieux publics indiquent formellement que tu vas mourir bientôt. Car qui te dis que tu ne connais pas un type malheureux qui va péter un câble et te planter un grand couteau en pleine poitrine quand tu seras sur ce trottoir bondé de monde, qui te dis que l’autre sur un trottoir ne va pas sortir un flingue et te tirer une bastos quand tu seras au feu rouge dans ta bagnole tranquillement en train d’écouter France Info.
Tous ces messages que tu entends justement à la radio, que tu vois en boucle à la télé, que tu lis sur l’Est Républicain, te sont juste destinés, il faut que tu ais peur. C’est le but d’une information dirigée. D’ailleurs pourquoi tu as voté Macron à ton avis hein ?  C’était ton choix ou le leur ? Sois franc mec. Mais je ne t’en veux pas, parce que maintenant je sais que tu chies dans ton froc, maintenant je sais que tu viens de perdre ton job à la SCNF, je sais que ta fille vient de se faire violer dans la rue, je sais que tu n’as plus assez de tunes pour mettre de l’essence dans ta caisse, je sais que tu te bouffes les couilles d’avoir voté comme un mouton.
La loi appartient à ceux qui provoquent, qui harcèlent, qui menacent les autres. Et le message est clair, tu bouges tu meurs, tu ripostes tu meurs. Cela nous guette tous, devant la boulangerie, au stop, au café, sur le parking du Lidl, au sex-shop… Nos pauvres vieux s’enferment, ils se cachent derrière leur volet fermé et ils attendent la mort parce que la vie n’est plus la vie. Moi ??? Bah j’attends aussi, je vis tranquille, je n’emmerde personne et je n’ai besoin de personne et le temps passe. Sauf qu’il y a toujours un fils de pute qui va venir me faire chier, à la terrasse d’un café, dans la file d’attente d’un concert, à la boulangerie, dans le bus et qui du coup fout toutes mes convictions en l’air. J’ai cru qu’il y avait des limites, j’ai cru que je m’étais fixé des limites, mais elles sont où exactement ces limites ? Impossible de le savoir, je ne les ai jamais vues. Ouai tu as bien lu, je n’ai aucune limite. D’ailleurs ces enculés qui viennent nous faire chier en ont-ils ?
Alors je me suis opéré dans mon 11ème sous-sol, il faut bien un jour en ressortir, retourner sur les trottoirs, sur le parking du Lidl, du coup j’ai maintenant des yeux dans le dos car les emmerdeurs attaquent toujours par derrière mais je reste confiant car ils sont toujours très bruyants avec leur grande gueule et ça s’entend de loin. Je me suis greffé aussi un six coups en prolongement du bras droit et me suis aiguisé les ongles à gauche, ouaiii j’avais pensé à une greffe d’un grand couteau de cuisine mais ce n’est pas toujours pratique pour se gratter les couilles… Je n’ai plus aucune limite et ne me demande plus de les chercher.
PSYCHO ?????....... à toi de voir mais fais bien attention…je n’ai pas que les yeux d’un fou !!!

vendredi 2 novembre 2018

PUTAIN ILS SONT TOUS MORTS II



J’ai une passion qui est née de ma maladie, celle de me rappeler de mes rêves, tous les jours, du moins quand je rêve car quand je me mets la tête à l’envers avec une bouteille de vin de table je ne rêve plus. Depuis maintenant 19 ans je ne dors quasi plus, du moins je fais des pauses, des pauses de 2 à 3 heures maxi, je ne sais plus ce que c’est que de dormir des 8 ou 12 heures, ce n’est plus possible, la maladie en a décidé autrement, je me suis adapté, développé des techniques pour dormir instantanément n’importe où n’importe comment, juste des petites pauses. Mais ma technique en a révélé une autre, celle de poursuivre mes rêves même éveillé, et de les coucher sur papier, sur des tout petits bouts de papier, j’en retrouve certains, d’autre jamais, et ça je peux t’assurer que c’est un bonheur monumental, se rappeler de mes rêves. Ce trip me rapproche de la vie, j’en parlerai bien mais personne ne m’écoute, en même temps je ne parle plus à personne, les autres qui se croient vivants mais qui ne vivent que par rapport à la vie m’emmerdent tellement, j’aime les écorchés, ceux qui ne croient plus en rien mais qui espèrent, comme moi, que la fin nous projettera dans le futur. Et le dernier de mes rêves se passe sur un chemin, un chemin que tu peux rencontrer partout si jamais tu sors un peu de ton canapé, un petit chemin de rando en bordure de forêt. C’était agréable, je ne parle pas du temps, dans mes rêves apparemment cet élément est occulté, à chaque fois, il ne pleut pas, il ne fait jamais chaud, jamais froid, je ne vois jamais de vêtements caractéristiques d’une saison, ce chemin est très fleuri et ils sont tous là, des amis main dans la main, et ça déconne dans tous les coins. Souvent je finis par rencontrer des hommes mutilés, sans bras ou déchiquetés, mais pas cette fois-ci, nous sommes tous là très souriants. Pourtant il y a un détail que d’habitude je ne retiens jamais quand je me réveille, mais ils étaient tous équipés de godasses de rando sauf mon chien et nous et nous avons marché sans jamais nous fatiguer. Tous avec des godasses de rando ! Du coup je suis resté pendant presque 20 minutes sans bouger devant mon thé vert ce matin à me demander pourquoi ils avaient tous des godasses de rando, car si je me souviens bien, ils sont tous morts à la fin sauf nous….